AMF : Comprendre les obligations avant d’investir

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Vos investissements Types de produits : Obligations

Comprendre les obligations avant d’investir

Publié le 26 juin 2013

Votre banquier vous a peut être déjà proposé d’investir dans des obligations. Mais savez-vous exactement de quoi il s’agit ? Les obligations sont émises par les entreprises, l'État ou les collectivités locales qui souhaitent emprunter de l’argent sur les marchés financiers et qui, en contrepartie, versent généralement un revenu régulier aux investisseurs. Mais est-ce un placement sans risque ? Zoom sur les principales caractéristiques des obligations.

Qu’est-ce qu’une obligation ?

Une obligation est une part d’un emprunt émis par un émetteur, c'est-à-dire une entreprise, une entité du secteur public ou l’État. Lorsque vous investissez dans des obligations, vous devenez prêteur et donc créancier de l’émetteur. En contrepartie de ce prêt, vous recevez généralement un intérêt versé périodiquement (le coupon). Le capital (montant nominal) est en principe remboursé à l’échéance.

La valeur nominale de l’emprunt correspond au montant de l’emprunt divisé par le nombre d’obligations émises. Elle peut être de 1 €, mais il existe aussi des émissions de valeur nominale de 100 € ou même de 100 000 €.

La valeur des obligations (leur cours) évolue chaque jour en fonction des échanges. Les obligations sont en général cotées en pourcentage de leur valeur nominale. Ce principe de cotation facilite la comparaison entre les obligations de caractéristiques différentes (maturité, identité de l’émetteur, etc.).

Attention : toute revente d’une obligation avant son échéance peut entraîner un gain mais également une perte. Ne l’oubliez pas !

Comment acheter des obligations ?

Avant d’investir…Prenez connaissance des informations sur l’entité émettrice et sur les facteurs de risque liés à l’opération. Certaines émissions font l’objet d’un prospectus soumis au visa de l’AMF. Vous trouverez ces informations sur le site internet de la société concernée et sur notre site.

Vous pouvez acheter des obligations auprès d’un intermédiaire financier agréé, comme le conseiller financier de votre banque. Les obligations peuvent être acquises :

  1. lors de leur émission (marché primaire). Si le prix d’émission est égal à la valeur nominale, on parle d’une émission au pair. Certaines obligations peuvent être émises avec une prime d’émission lorsque le prix d’émission est différent de la valeur nominale,
  2. directement en bourse (marché secondaire). Il faut noter que ces achats en bourse supportent des frais de transaction, ce qui n’est en général pas le cas des souscriptions à l’émission.

Dans les deux cas, les obligations sont déposées sur un compte-titres ordinaire (les obligations ne sont pas éligibles au PEA, plan d’épargne en actions). Pour ce service, votre intermédiaire peut vous prélever des droits de garde.

Que rapporte une obligation ?

Lorsque vous achetez une obligation, vous recevez généralement un intérêt versé périodiquement (le plus souvent annuellement, mais cela peut être tous les trimestres ou tous les semestres) : il s’agit du coupon. Celui-ci est calculé en fonction de la valeur nominale du titre et du nombre de titres que vous avez achetés.

Cet intérêt, exprimé en pourcentage, est défini contractuellement lors de l’émission des obligations. À la différence du dividende pour un actionnaire, le coupon est versé quels que soient les résultats de l’émetteur. Le versement du coupon est aussi appelé «détachement » du coupon.

Rendement des obligations & fiscalitéLes rendements présentés dans la documentation relative à l’émission s’entendent hors frais et hors impôts. N’oubliez donc pas que le coupon est soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.

Les obligations peuvent être émises avec des types de taux d’intérêt différents :

  • les obligations à taux fixe, dont le coupon est connu à l’avance. Celui-ci est fixé lors de l’émission et ne change pas pendant la durée de vie des titres. Les obligations à taux fixe donnent droit au versement d’une rémunération constante tout au long de la détention du produit.
  • les obligations à taux variable ou révisable, dont le montant du coupon varie en fonction d’un indicateur de taux déterminé lors de l’émission de l’obligation. Ces obligations donnent droit au versement de coupons dont les montants peuvent varier à chaque échéance. Pour les obligations à taux variable, le coupon est déterminé en fonction des taux du marché en fin de période, lors du versement du coupon ; pour celles à taux révisable, le montant du coupon est ajusté au début de chaque période d’intérêt.
  • les obligations indexées ont un taux d’intérêt fixe. Toutefois, le nominal (montant du capital) auquel ce taux d’intérêt s’applique évolue en fonction d’un indicateur déterminé contractuellement à l’émission : il s’agit en général du taux d’inflation dans une zone géographique donnée.
  • les obligations à coupon zéro, qui ne génèrent pas de coupon. Les intérêts sont versés en totalité à l'échéance de l'emprunt après avoir été capitalisés sur toute la période.

Par exemple, vous achetez une obligation à taux fixe de 5 %, échéance 5 ans et d’une valeur nominale de 1 000 €. Cette obligation vous rapportera un coupon de 50 € chaque année (1 000 x 5 %). À l’échéance, vous percevrez en plus des 1 000 € initialement investis le dernier coupon de 50 €. Votre revenu total sur les 5 années s’élèvera à 250 € (50 x 5).

Le rendement d’une obligation à taux fixe

Frise chronologique représentant le rendement perçu par un investisseur sur l’achat d’une obligation à taux fixe de 5 %, d’une valeur nominale de 1 000 € et d’une échéance de 5 ans. Cette obligation rapporte à son investisseur un coupon de 50 € chaque année (soit 1 000 x 5 %). Cinq ans après avoir investi, l’investisseur perçoit, en plus des 1 000 € initialement versés, le dernier coupon de 50 €. Son revenu total, sur les 5 années, s’élève à 250 € (soit 50 euros x 5).

Comment est remboursée une obligation ?

Les modalités de remboursement d’une obligation sont fixées dès leur émission. En général, à l’échéance, le capital investi (le nominal) est totalement remboursé en une seule fois, sous réserve des risques liés à la capacité de remboursement de l’émetteur. Votre intermédiaire peut d’ailleurs vous éclairer sur les risques de votre obligation.

Toutefois, d’autres modalités de remboursement peuvent être fixées contractuellement.

Dans certains cas, par exemple, l’obligation est remboursée à un montant plus élevé que sa valeur nominale : la différence entre le montant du remboursement et la valeur nominale constitue la prime de remboursement.

Enfin, certaines obligations peuvent ne pas être remboursées mais échangées contre des actions à l’échéance (ORA : obligations remboursables en actions) ou pendant leur durée de vie (obligations convertibles en actions).

Comment vendre ses obligations ?

Les obligations, généralement cotées en bourse, peuvent être vendues sur le marché avant leur échéance auprès de votre intermédiaire financier. Une seule condition toutefois : trouver un acquéreur ! En cas de vente avant l’échéance de l’obligation, le porteur d’obligation peut être soumis à un risque de perte en capital. En effet, avant l’échéance, la valeur de marché des obligations peut fluctuer et s’éloigner de la valeur de remboursement à l’échéance.

Calculer le prix d’achat ou de vente d’une obligation en cours de vie

Pour rappel, le prix de l’obligation = valeur nominale de l’obligation x pourcentage de cotation. C’est ce qu’on appelle la cotation pied de coupon.
À ce calcul, il faut ajouter l’intérêt dû au titre de la période de détention de l’obligation. Ce « coupon couru » est un prorata temporis de l’intérêt entre la date d’émission de l’obligation ou la date du dernier paiement d’intérêt et la date de règlement de l’obligation.

Attention : en France, la date de règlement correspond à la date de négociation + 3 jours ouvrés.

Le 30 janvier 2012, lors de l’émission, vous avez investi dans une obligation à un taux fixe de 6 %, pour une valeur nominale de 1 000 €. Cette obligation est à échéance 30/01/2022. Le coupon est versé annuellement, à la date anniversaire.
Vous décidez de vendre cette obligation sur le marché secondaire, malgré les risques de perte de capital, le 25 septembre 2012.
L’obligation cote 103 %. Son prix est donc de 1 000 € x 103 % = 1 030 €.
Le règlement livraison interviendra 3 jours ouvrés après la date de la transaction soit le 28 septembre 2012. Il y a 242 jours entre le 30 janvier 2012 et le 28 septembre 2012. Le coupon couru se calcule donc comme suit : 6 % x 242 /366 = 3, 967 %. Par conséquent, le prix total de l’obligation sera de 1 000 € x (103 % + 3, 967%) = 1 069, 67 €.
En qualité de vendeur, vous percevrez le 28 septembre 2012 la somme de 1 069, 67 € moins les frais de transaction.
Si vous êtes l’acheteur, vous paierez le 28 septembre 2012 la somme de 1 069, 67 € plus les frais de transaction. Le 30 janvier 2013, vous percevrez le coupon plein, soit 60 €.
À contrario, si l’obligation cote 95 %, son prix est de 950 €. Le prix de l’obligation sera de 989,67 €.

Quels sont les risques pour un porteur d’obligation ?

Qu’est-ce qu’une agence de notation ?Une agence de notation évalue la qualité financière des sociétés et de leurs produits. Elle les classe selon leur niveau de risque (par exemple, AAA ou Aaa représentent la meilleure note, C ou D la moins bonne). Les notations délivrées constituent un avis sur la solvabilité de l’émetteur. Ainsi, les émetteurs rencontrant plus de difficultés financières doivent offrir aux investisseurs un rendement supérieur pour rémunérer ce risque (taux d’intérêt plus élevé). La dégradation de la note de l’émetteur va entraîner une baisse de valeur des obligations en circulation qui deviennent moins «sûres».

Investir dans des obligations comporte des risques. Ces risques sont différents selon que vous les conservez jusqu’à échéance ou que vous les vendez en cours de vie.

  • Le risque de défaut (risque à l’échéance) :

Le remboursement de l’obligation dépend de la capacité de l’émetteur à faire face à ses engagements. Le risque de défaut est le risque lié à la solvabilité de l’entité qui a émis les titres. Dans le cas d’une défaillance de l’émetteur, le porteur peut perdre une partie voire la totalité du capital investi. Ce risque peut être évalué par les agences de notation.

  • Le risque de taux (risque en cours de vie) :

Il n’existe pas de garantie sur le prix de cession de l’obligation en cours de vie. En effet, le cours de l’obligation évolue en fonction de la qualité de l’émetteur, de la liquidité du marché et surtout, du niveau des taux d’intérêt. Par conséquent, la revente de votre obligation avant l’échéance peut entraîner une perte en capital. Dès lors que les investisseurs conservent leurs obligations jusqu’au terme, ce risque n’existe pas puisqu’elles seront remboursées à leur valeur d’origine.

La valeur de marché d’une obligation à taux fixe évolue en sens inverse des taux d’intérêt.

En cas de hausse des taux, le prix de marché de l’obligation à taux fixe baisse. En effet, dans ce cas, de nouvelles opportunités d’investissement sont possibles à des taux plus avantageux. La valeur de l’obligation va donc baisser jusqu’à ce que le taux de rendement offert par le titre égalise celui versé par les nouvelles émissions, pour une même durée et un même niveau de risque.

Par exemple, un porteur détient des obligations à taux fixe de 5 % pour une durée restante (ou résiduelle) de 10 ans. Le taux du marché des obligations à 10 ans augmente et passe de 5 % à 6 %. Le prix de l’obligation à 5 % baisse de telle façon que le taux de rendement, qui compare le prix d’achat avec les futurs coupons et remboursement, atteigne lui aussi 6 %. Ainsi, pour un même niveau de risque, et pour une même durée, le rendement sera identique que l’achat soit fait à l’émission (marché primaire) ou en bourse (marché secondaire).

Points de vigilance> N’investissez pas l’épargne dont vous avez besoin à court terme. Il est important que l’échéance de l’obligation soit en adéquation avec vos objectifs d’investissement (durée et finalité).
> En règle générale, plus le taux d’intérêt proposé à l’émission de l’obligation est élevé, plus le risque est important. Ainsi, un emprunteur A dont la santé financière est perçue comme moins bonne qu’un emprunteur B devra proposer un taux d’intérêt plus élevé pour attirer les investisseurs et rémunérer le risque pris.

La sensibilité d’une obligation mesure l’évolution du cours en fonction de l’évolution des taux.
Exemple : une obligation de sensibilité 3 voit son cours évoluer de 3 % lorsque les taux d’intérêt évoluent de 1 %. Cette sensibilité est d’autant plus grande que la durée de vie restante de l’obligation est longue.
La perception de la qualité du crédit de l’émetteur a également un impact sur le cours de l’obligation, en l’absence même d’évolution des taux du marché.

  • Le risque de liquidité (risque en cours de vie) :

L’investisseur qui souhaite revendre son obligation avant l’échéance peut rencontrer des difficultés à trouver un acquéreur. En effet, le marché obligataire étant un marché relativement peu liquide (moins d’échanges que sur le marché actions), vous n’êtes pas assuré de pouvoir revendre vos titres dans des conditions favorables.

Les obligations qui présentent des caractéristiques particulières

> Les obligations convertibles en actions nouvelles ou existantes (OCEANE) : obligations qui peuvent, au choix de l’émetteur, être converties soit en actions nouvelles soit en actions existantes de la société émettrice. Le nombre d’actions que vous pouvez obtenir après conversion et la période pendant laquelle vous pouvez convertir vos obligations sont déterminés par l’émetteur lors de l’émission.

> Les titres subordonnés remboursables (TSR) : obligations remboursées à la date d'échéance définie lors de l’émission. En cas de liquidation de l’émetteur, le remboursement des titres subordonnés n’interviendra qu’après désintéressement de tous les créanciers.

> Les obligations remboursables en actions (ORA) : obligations obligatoirement remboursables en actions selon une parité définie dans le contrat d’émission.

> Les obligations remboursables en numéraire et en actions nouvelles et existantes (ORNANE) : obligations dont le capital est remboursé à l'échéance en numéraire. Si le prix de l’action est supérieur au prix de conversion, la différence entre le cours de bourse et le seuil de conversion est remboursé en actions de l'émetteur.

> Les obligations à bons de souscription d’actions (OBSA) : obligations à taux fixe auxquelles sont attachés un ou plusieurs bons. Elles donnent la possibilité aux porteurs d’acheter des actions de la société à un prix et à une date fixée à l’avance.

> Les obligations assimilables du Trésor (OAT) : il s’agit d’emprunt obligataire émis par l’État. Lors de ces émissions organisées par l’Agence France Trésor (AFT), l’État émet des obligations dont les caractéristiques sont identiques à des obligations déjà existantes. Ces nouveaux titres sont donc assimilés à des obligations émises antérieurement.

Il existe 3 sortes d’OAT : les OAT à taux fixe, les OAT à taux variable et les OAT indexées. Ces dernières sont subdivisées en deux :

  1. OATi : nominal indexé sur l’indice français des prix à la consommation hors tabac
  2. OAT€i : nominal indexé sur l’indice harmonisé des prix à la consommation de la zone euro hors tabac.

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