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Chiffres clés 2017 de la gestion d'actifs - Le profil des sociétés de gestion

Publié le 25 septembre 2018

L’industrie française de la gestion d’actifs connaît un rythme de croissance soutenu et continue d’offrir des opportunités professionnelles dans une conjoncture européenne un peu plus favorable malgré de nombreux prétextes aux incertitudes géopolitiques au cours de l’année 2017. Le dynamisme du secteur s’explique, principalement, par l’augmentation du nombre de créations de structures entrepreneuriales. Zoom sur le profil des sociétés de gestion.

Avec un taux de croissance moyen annuel de 3,5% depuis 2013, les effectifs déclarés par les sociétés de gestion de portefeuille(1) se sont établis à 17 214 personnes au 31 décembre 2017.

Des effectifs en croissance régulière : 17 214 emplois directs en 2017

Au 31 décembre 2017, les sociétés de gestion de portefeuille françaises ont déclaré 17 214 effectifs (y compris les personnes détachées ou mises à disposition), soit une hausse de 4,5% par rapport à 2016. Cette croissance s’explique par l’augmentation marquée de personnels non gérants financiers (5,3% contre 2,1% pour les gérants financiers). Ainsi, s’ils ne diminuent pas ou peu en nombre, la part des gérants financiers dans les effectifs totaux continue de baisser graduellement depuis 2013 (-6,6% sur les quatre dernières années) pour s’établir à 26% à fin 2017. En effet, pour répondre aux exigences réglementaires plus nombreuses, on observe ces dernières années un accroissement des moyens humains dédiés aux métiers supports au sein des sociétés de gestion et principalement de ceux alloués à la fonction de contrôle interne et de conformité, notamment au sein des groupes de tailles significatives.

Il est à noter que la moitié (49,5%) des salariés du secteur et 40,3% des gérants sont concentrés au sein des 30 sociétés de gestion les plus importantes en termes d’effectifs alors que ces dernières représentent seulement 5% du nombre total des sociétés de gestion de portefeuille. L’industrie de la gestion d’actifs tend ainsi vers une concentration de ses effectifs.

Toutefois, un grand nombre (71,9%) de sociétés de gestion de portefeuille a un effectif inférieur à 20 personnes. Ce sont pour la majorité des structures entrepreneuriales dont la plupart externalisent une part importante de leurs fonctions supports et se concentrent principalement sur leur cœur de métier (la gestion financière), ce qui explique une part plus élevée des gérants dans leurs effectifs (36% en moyenne).

 

 

En analysant plus finement la répartition des emplois de l’industrie de la gestion d’actifs, une tendance se dégage sur les trois dernières années. Les sociétés de gestion entrepreneuriales captent une part grandissante des effectifs (+3% en moyenne par an dans les effectifs totaux). Quant aux filiales d’établissements de crédit, même si elles restent leaders en termes d’effectifs avec 7 555 emplois en 2017, leur part dans les effectifs totaux a baissé en moyenne de 2,2% par an depuis 2014. Les « Autres(2)» sociétés de gestion ont des effectifs relativement stables avec une variation moyenne annuelle de 0,2% sur la même période.

Zoom sur la répartition et les parts de marché des acteurs de la gestion d'actifs

Une grande diversité de profils est visible au sein du secteur de la gestion d’actifs et plusieurs tendances se dessinent : des sociétés entrepreneuriales développant des stratégies de niche, des sociétés filiales d’établissements de crédit généralistes et de taille importante, des sociétés filiales d’entreprises d’assurances ou de mutuelles spécialisées dans la gestion de mandats, des sociétés filiales de prestataires de services d’investissement ou encore des sociétés de droit public. Zoom sur les parts de marché en nombre, puis en actifs  gérés des différents acteurs de l’industrie de la gestion d’actifs française.

La répartition

 

 *La catégorie « Autres » comprend les entreprises d’assurances et mutuelles, les prestataires de services d’investissement et les sociétés de droit public.

Les sociétés entrepreneuriales(3) représentent plus des 2/3 des sociétés de gestion en France. C’est aussi la catégorie qui a connu la plus forte évolution en nombre entre 2016 et 2017 (3,4%). Mis à part un léger repli en 2015, la proportion de ces structures entrepreneuriales est en constante progression avec une hausse moyenne annuelle de 4% depuis 2009.

L’industrie de la gestion d’actifs française se distingue donc par un tissu entrepreneurial très important, ces sociétés exercent principalement en gestion privée, gestion alternative, multigestion, immobilier ou en capital investissement. Du fait des évolutions technologiques, elles se positionnent également en gestion quantitative, sur des marchés de niche à destination d’investisseurs professionnels.

La proportion fin 2017 des sociétés de gestion détenues par des établissements de crédit est en légère baisse par rapport à 2016 (-1,3 point de pourcentage) pour s’établir à 17,5%. Elle reste toutefois assez stable depuis ces quatre dernières années (autour de 18% environ). Cet équilibre s’explique par une stratégie de réorganisation et de consolidation, depuis la sortie de la crise bancaire et financière, mise en place par ces établissements, par le rapprochement et le regroupement des activités de gestion d’actifs et/ou par la fusion d’entités du même groupe.

Avec une baisse de 8,6% en nombre par rapport à 2016, la catégorie « Autres », regroupant les sociétés de gestion filiales d’entreprises d’assurances et de mutuelles (37,7%), de prestataires de services d’investissement (48,2%) et de sociétés de droit public (14,1%), ne représente plus que 14,5% du nombre total des sociétés de gestion de portefeuille. Cette baisse est plus marquée au niveau du nombre des filiales de prestataires de services d’investissement et des filiales d’entreprises d’assurances et de mutuelles. En y regardant de plus près entre 2016 et 2017, on note à la fois la baisse du nombre de sociétés de 8,6% pour les entreprises d’assurances et mutuelles et de 10,9% pour les prestataires de services d’investissement. Ainsi, les premiers ne représentent plus que 5,5% dans la population totale et les seconds que 7%. Le nombre des sociétés de gestion de droit public est resté constant. Ces sociétés ont toutefois la proportion la plus faible (2%) dans la population totale.

Part de marché

À fin 2017, les structures entrepreneuriales géraient 286 milliards d’euros, leur part de marché en termes d’actifs sous gestion a ainsi progressé de 14,8% par rapport à 2016 et depuis 2009 on note une hausse moyenne de 10,7% par an. Cette croissance, en phase avec les années précédentes, confirme le tropisme entrepreneurial de l’industrie de la gestion d’actifs française avec toujours plus d’anciens collaborateurs de grands groupes financiers désireux de mettre à profit leur notoriété et leur expertise.

La part de marché en encours gérés des filiales d’établissements de crédit a, elle aussi, progressé, bien que plus modestement en proportion. Cette proportion des actifs gérés a augmenté depuis 2013, passant de 57% à 60,4% de la part de marché totale des encours sous gestion. Il faut noter cependant une forte concentration des encours au sein de cette catégorie, les cinq premières sociétés de gestion filiales d’établissements de crédit regroupent 65% des encours gérés par ce type d’acteurs.

Dans la catégorie «Autres», les sociétés de gestion filiales d’entreprises d’assurances et de mutuelles géraient 967 milliards d’euros, soit 25,2% des encours sous gestion. Bien que leur part de marché s’érode depuis 2013, ces acteurs demeurent les deuxièmes plus gros gestionnaires en termes d’encours, après les établissements de crédit. Il convient toutefois de noter qu’ils gèrent principalement les actifs de leur maison mère. On observe une légère progression de 2,6% des encours gérés entre 2016 et 2017.

Quant aux sociétés de droit public, elles restent sur une forte dynamique de hausse des encours depuis 2013. À fin 2017, elles géraient 251 milliards d’euros, soit une hausse de 14,1% des encours par rapport à 2016 et 13,6% en moyenne par année depuis 2013. Ainsi leur part de marché des actifs gérés a atteint 6,6% en 2017.

Enfin avec 29,1% de hausse dû essentiellement au changement de dénomination de deux sociétés de gestion en prestataires de services d’investissement, ces acteurs ont toutefois le plus faible encours sous gestion (0,4% de part de marché des actifs gérés).

 Zoom sur l'ancienneté des sociétés de gestion de portefeuille

Malgré l’ancienneté du métier de la gestion d’actifs en France, les sociétés de gestion de portefeuille sont plutôt jeunes : près de la moitié d’entre elles ont juridiquement moins de 10 ans d’existence et plus du quart ont été créées depuis moins de 5 ans. L’âge moyen des sociétés de gestion est de 11 ans environ en 2017.

 

 

NB: Les années d’ancienneté des sociétés de gestion de SCPI et de titrisation ont été comptabilisées à la date de création de celles-ci et non pas à leurs dates d’agrément en tant que sociétés de gestion de portefeuille à la suite de leur captation par la directive AIFM. De plus ces données ne tiennent pas systématiquement compte de l’ancienneté réelle des sociétés de gestion, ancienneté qui n’a pas été reprise lors des transformations juridiques et réorganisations, notamment au sein des grands groupes.

En toute logique, on constate généralement que plus une société de gestion est en activité depuis longtemps, plus le volume d’encours gérés est important. Néanmoins, en fonction du type d’actionnariat, l’évolution du niveau d’encours médian se fait à plusieurs vitesses (cf. tableau 3).

 

*La catégorie « Autres » comprend les entreprises d’assurances et mutuelles, les prestataires de services d’investissement et les sociétés de droit public.

Sans surprise, le niveau d’encours médian le plus important est celui des sociétés de gestion filiales d’établissements de crédit et d’autant plus pour celles âgées de plus de 10 ans. En effet, ce type d’acteurs peut généralement s’adosser à de grands groupes bancaires et financiers et bénéficier ainsi d’un réseau de distribution plus large.

On peut identifier deux profils d’acteurs au sein de cet actionnariat. On distingue les leaders en termes de parts de marché et qui figurent parmi les acteurs les plus matures de l’industrie. Le second profil est celui de filiales d’établissements de crédit de taille moyenne, en activité depuis plus d’une quinzaine d’années, gérant des volumes d’encours presque aussi importants et continuant de se développer au niveau international tout en se spécialisant sur différents secteurs. Ces acteurs de taille moyenne viennent ainsi challenger les leaders en termes de parts de marché. Cependant, l’analyse de l’écart-type(4) (cf. tableau 4) des acteurs de cette catégorie âgés de plus de 10 ans montre une forte disparité entre les plus gros et ceux de taille intermédiaire.

Cet aspect dénote d’une forte concurrence du métier et d’une concentration de la collecte des actifs autour de quelques gros fonds et acteurs.

 

 

*La catégorie « Autres » comprend les entreprises d’assurances et mutuelles, les prestataires de services d’investissement et les sociétés de droit public.
**Encours en millions d’euros.

Au sein des sociétés de gestion entrepreneuriales, deux catégories semblent également se dessiner. Avec une moyenne d’âge proche des 5 ans, on peut identifier des structures entrepreneuriales récentes qui sont spécialisées sur des stratégies de niche, souvent innovantes. La capacité de ces sociétés à capter ou conserver des encours suffisants au cours de la constitution de leur track-record constitue l’enjeu le plus important pour la pérennité de ces entreprises. Ensuite, se distingue une seconde catégorie dont la moyenne d’âge se situe autour de 10 ans et qui possède des encours plus conséquents. L’importance de ces encours permet aux sociétés de gestion appartenant à cette deuxième catégories des levées plus importantes, soutenues par les investisseurs institutionnels qui ne sont plus restreints par des limites d’emprise comme cela peut être le cas pour de plus petits fonds.

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