- Accueil
- Espace épargnants
- Comprendre les produits financiers
- Placements collectifs
- Trackers (ETF)
Ce qu'il faut savoir sur les ETF avant d'investir
Un ETF (ou tracker) est un placement cherchant à suivre l'évolution d'un indice boursier (CAC 40, Nasdaq, etc.). Comme tout autre placement collectif, les ETF présentent des avantages et des risques. Que faut-il savoir sur ces produits avant d'investir ?
Qu’est-ce qu’un ETF ?
Un ETF (Exchange Traded Fund), également appelé tracker, est un fonds indiciel qui cherche à suivre le plus fidèlement possible l’évolution d’un indice boursier, généralement un panier d'actions, à la hausse comme à la baisse. Un ETF permet, en une seule transaction, d'investir de façon diversifiée sans avoir besoin d'acheter, une par une, les actions des sociétés qui composent l'indice de référence de l'ETF.
Les ETF sont des fonds d’investissement émis par des sociétés de gestion et agréés. Mais ils ont pour particularité, contrairement aux autres fonds (FCP, sicav, etc.), d’être cotés en continu, c’est-à-dire qu’ils peuvent être achetés ou vendus tout au long de la journée. Comme pour les actions, vous passez votre ordre de bourse auprès de votre établissement financier et maîtrisez le prix de l’ordre. Comme les autres fonds, ils disposent d'un document d'informations clés (DIC) dans lequel l'investisseur pourra trouver les informations essentielles sur le placement (niveau de risque, frais, etc.).
En tant que fonds, les ETF répondent aux règles de sécurité des placements collectifs (notamment la garantie des titres, la diversification, la présence d'un dépositaire séparé du gérant permettant de protéger vos actifs en cas de faillite de la société de gestion, etc.).
Pourquoi investir dans des ETF ?
Les ETF, comme les fonds et sicav classiques, permettent d'investir sur les marchés financiers, ce qui permet de diversifier son épargne sur des placements non garantis mais potentiellement plus rémunérateurs.
Pourquoi investir dans un ETF plutôt que dans un fonds classique ? Avant tout pour investir sur un marché de façon « passive », c’est-à-dire pour suivre, ni plus ni moins, l’évolution de l’indice de référence choisi.
Les ETF présentent aussi des frais moins élevés, souvent inférieurs à 0,5 % par an, qu'un fonds classique géré « activement » dont les frais sont supérieurs à 1 % par an, voire 1,5 % pour certaines catégories de fonds. En effet, ces fonds actifs mettent en œuvre davantage de moyens d’analyse pour sélectionner les titres dans lesquels le fonds investit.
Bien diversifier ses placements avec les ETF
Un investisseur avisé sait qu’en matière de placements financiers, il est essentiel de bien diversifier pour réduire le niveau de risque global de son portefeuille. Les ETF peuvent donc être une solution « clé en main ».
Attention toutefois à bien se renseigner sur la composition des indices que vous choisissez de suivre. En effet, certains indices peuvent se recouper et conduire à une surexposition à un secteur d’activité ou à une zone géographique. Par exemple, les indices monde (« world ») sont souvent très investis dans les grandes actions américaines, qui sont aussi très souvent des sociétés du secteur technologique. Si vous détenez des parts dans ces deux types d’ETF (monde et technologies), vous n’avez peut-être pas diversifié vos placements autant que vous le souhaitiez. Vérifiez donc bien la composition des indices avant de prendre une décision d’investissement.
Quels sont les différents types d'ETF ?
Il existe plusieurs types d'ETF, parmi lesquels :
Les ETF sur indices de marché
Ce sont les ETF les plus simples et les plus utilisés par les épargnants. Les ETF sur indices de marché répliquent la performance des indices d'actions (comme l'indice parisien CAC 40, l'un des indices phare de Wall Street, le DOW Jones ou l'indice allemand, le DAX 30), des indices sectoriels (par exemple sur le secteur de l'énergie, des banques, etc.) ou des indices d'obligations. Parmi les indices les plus souvent accessibles via un ETF, on trouve l'Euro Stoxx 50 (qui réunit les 50 plus grandes sociétés cotées de la zone euro), le MSCI World (les plus grands groupes cotés sur les principales bourses occidentales) ou le S&P 500 (les 500 plus grandes valeurs américaines).
Certains ETF se basent sur des indices ESG, qui sont composés de sociétés sélectionnées selon des critères extra-financiers (environnemental, social, gouvernance). Ces indices ESG sont souvent des variantes d'un indice principal. Par exemple, l'indice CAC ESG dérive de l'indice CAC Large 60 : il sélectionne, parmi les 60 plus grosses sociétés françaises cotées, les 40 valeurs les mieux notées sur des critères ESG.
Certains indices de référence, comme les indices de stratégie, sont moins traditionnels.
Les ETF sur indices de stratégie
Les ETF sur indices de stratégie reproduisent l'évolution d'indices plus sophistiqués, par exemple un indice qui privilégie les sociétés distribuant des dividendes élevés ou des valeurs qui présentent une faible tendance à fluctuer.
L'indice de référence est dérivé d'un indice principal en général plus connu. Il conserve une composition assez similaire, mais il s'en détache en pondérant différemment les titres de cet indice. De ce fait, ce type d'ETF s'adresse aux investisseurs plus expérimentés recherchant des stratégies d'investissement plus élaborées.
Les indices de stratégie peuvent être complexes.
Les ETF avec effet de levier
Parmi les ETF les plus complexes et risqués, on retrouve les ETF avec effet de levier (ou effet de levier inversé) dont l'indice de référence multiplie, à la hausse comme à la baisse, les tendances de l'indice suivi.
Avec ces ETF, vous pouvez donc multiplier vos gains, mais vous pouvez également multiplier l'ampleur de vos pertes, qui peuvent être lourdes. La volatilité de l'indice de référence, amplifiée par le levier prévu, est un facteur très important à prendre en compte.
Exemple : comparaison de l'évolution de l'indice CAC 40 Leverage GR (indice de stratégie) et de celle de l'indice CAC 40 (indice principal) sur deux ans, du 26 mai 2024 au 26 mai 2026.
A côté des ETF « long » dont l’indice de référence monte quand l’indice principal monte, on trouve aussi les ETF « short » dont la valeur évolue à l’inverse de son indice principal (exemple : -2x).
Exemple : comparaison de l’évolution de l’indice CAC 40 X2 SHORT GR (indice de stratégie) et de l’indice CAC 40 (indice principal) sur deux ans, du 26 mai 2024 au 26 mai 2026.
L’évolution d’un ETF dont l’indice de référence est à effet de levier n’est pas toujours simple à comprendre. C’est le cas par exemple lorsque l’indice de référence de l’ETF suit l’évolution du CAC 40 sur une base quotidienne avec un effet de levier de 2., Du fait de l’effet de levier, des frais et du rééquilibrage quotidien, sur quelques jours, la performance de l’ETF n’est pas égale au double de la performance du CAC 40, et peut même parfois suivre une évolution en sens inverse à ce qui est intuitivement attendu, par exemple négative alors que l’indice CAC 40 évolue positivement. Pour résumer, ces ETF à effet de levier sont des placements très spéculatifs, qui peuvent être achetés pour faire un pari sur quelques jours ou quelques semaines, mais qui ne sont pas faits pour investir à moyen ou long terme.
Les ETF sur indice de marché ou sur indice de stratégie sont dits « indiciels » ou « passifs » car ils suivent leur indice. Mais il existe aussi des ETF de gestion active.
Les ETF « actifs »
Depuis quelques années, il est possible de choisir des ETF gérés activement, comme des fonds et sicav traditionnels, avec un gérant autonome qui prend les décisions d'investissement. En général, ce type d'ETF affiche l'objectif de faire mieux que l'indice pris en référence (de le « surperformer »). Et pour cela, il va faire des choix d'investissement avec deux conséquences :
- la composition de l'ETF est variable et diffère de celle de l'indice (dont la composition change peu) ;
- son évolution diffère de celle de l'indice.
ETF à réplication physique ou synthétique ?
Un ETF à réplication physique investit directement dans les actions ou les obligations qui composent son indice de référence. Cette réplication peut être totale ou partielle, en fonction du nombre de titres qui composent l’indice. Les ETF à réplication physique sont les plus répandus.
Un ETF à réplication synthétique ne détient pas directement les titres qui composent son indice de référence. Il passe un contrat financier d’échange de performance (un swap) avec un autre établissement financier (une banque généralement) qui, lui, détient les titres.
Comment investir dans des ETF ?
Vous pouvez acheter des parts d’ETF auprès d’un établissement financier comme une banque ou un courtier en ligne. Pour avoir l'autorisation de vous proposer des ETF, l'établissement doit être immatriculé comme prestataire de services d'investissement (PSI) sur le registre Regafi.
Les parts d'ETF peuvent être achetées ou vendues en bourse à tout moment, comme des actions. Les types d'ordres sont les mêmes que ceux prévus pour les actions.
Pour acheter ou vendre des parts d'ETF, vous devez disposer d’un compte-titres ordinaire et/ou d’un PEA pour les ETF acceptés dans le cadre du PEA (qui doivent être investis à 75 % en actions de sociétés de l'Union européenne). Les ETF peuvent être également éligibles à partir d'autres supports comme l’assurance-vie sous forme d’unités de compte ou l'épargne salariale, lorsque le plan proposé en a sélectionné.
Les frais des ETF
Si les frais des ETF sont généralement moins élevés que ceux des fonds « traditionnels », plusieurs types de frais restent tout de même à anticiper :
- des frais de courtage, prélevés lors de l'achat et de la vente de parts comme pour l’achat ou la vente d’actions ;
- des droits de garde comme pour les actions ;
- des frais de gestion qui sont déduits des performances de l'ETF.
Quels sont les risques des ETF ?
Le principal risque d’un placement en ETF porte sur la variation de l’indice du marché suivi : si l’indice baisse, votre portefeuille baisse dans les mêmes proportions, voire plus fortement si vous avez choisi des ETF à effet de levier. Vous pouvez donc perdre tout ou partie du capital investi.
Pour évaluer le risque d'un ETF, il faut s'intéresser aux valeurs qui composent son indice de référence. Beaucoup d'informations sont disponibles dans le document d'informations clés (DIC) de l'ETF, mais aussi sur le site Internet du fournisseur de l'indice suivi. Le DIC présente aussi le niveau de risque de l'ETF sur une échelle allant de 1 à 7, ce qui permet de le comparer à celui d'autres placements.
Pour les ETF cotés en devise étrangère (dollar, livre sterling, etc.), il faut prendre en compte le risque de change : la variation de la devise s'ajoute à celle de l'indice lui-même.
Un autre risque est que l’évolution de l’ETF s’écarte de celle de son indice (ce qu’on appelle le tracking error), la réplication d’un indice n’étant pas toujours aisée, surtout pour des indices avec un grand nombre de valeurs.
Attention également aux ETF plus « exotiques » (petites capitalisations, marchés émergents peu développés, obligations peu échangées, secteurs très spécialisés, etc.). Ce type d'ETF peut sembler très liquide parce qu'il cote en continu sur une grande place boursière, alors que les titres composant l'indice qu'il essaie de suivre sont eux-mêmes illiquides. L'ETF peut ainsi avoir du mal à acheter ou vendre les titres et subir des coûts de transaction importants. Sa valeur peut alors s'écarter de la valeur théorique de l'indice.
Cliquez ici pour en savoir plus sur les risques des ETF
Comment bien s'informer sur un ETF ?
Avant d'investir dans un ETF, il est difficile de se renseigner sur chacune des entreprises qui composent son indice de référence ! Le bon réflexe est donc de prendre de la hauteur et de chercher des informations sur l'économie en général, et en particulier celle des secteurs d'activité représentés (par exemple : santé, luxe, etc.) ou de la zone géographique visée (Europe, pays émergents, etc.). Vous pouvez suivre la presse économique et financière, voire même les commentaires des sociétés de gestion qui proposent le type d'ETF qui vous intéresse. N'hésitez pas à croiser vos sources, recherchez des avis différents sur les perspectives de croissance d'une zone géographique ou d'un secteur d'activité pour forger votre propre opinion.
Le nom de l'indice suivi est souvent mentionné dans le nom de l'ETF. Il est aussi précisé dans le document d'informations clés avec le nom de son producteur. Mais ces informations ne suffisent pas pour bien comprendre l'indice : il faut vous intéresser plus précisément à sa composition, directement sur le site Internet de son producteur. Pour un indice sectoriel, vérifiez par exemple si une entreprise ou une zone géographique est surreprésentée et demandez-vous pourquoi. A l'inverse, pour un indice géographique, vérifiez son étendue réelle et, si un secteur d'activité est plus présent qu'un autre, cherchez en la raison.
Reprenons l'exemple d'un ETF sur un indice monde. A première vue, il permet de s'exposer à la planète bourse dans son ensemble et est donc idéal dans un objectif de diversification. Mais certains des ces indices sont en réalité très concentrés sur les actions américaines, souvent de grandes sociétés au détriment de petites et moyennes capitalisations, et occultant parfois les actions des pays émergents. Si votre objectif est de vous exposer à la planète entière, vous pourriez vous tourner vers d'autres indices qui couvrent plus de zones géographiques avec, au passage, une plus grande diversité dans la taille des entreprises et les secteurs d'activité représentés.
ETF de capitalisation ou de distribution ?
Comme les fonds classiques, les ETF peuvent distribuer ou capitaliser les revenus générés. Un ETF de distribution verse aux investisseurs les dividendes issus des entreprises qui composent l’indice de référence. Un ETF de capitalisation, lui, réinvestit automatiquement ces dividendes : cela permet de profiter de la croissance des bénéfices des sociétés figurant dans l’indice de référence et de l’effet « boule de neige » (intérêts composés).
En tant qu’investisseur, votre choix entre un ETF de capitalisation ou de distribution dépendra de votre objectif : avez-vous besoin de percevoir des revenus complémentaires (distribution) ou souhaitez-vous faire fructifier votre capital à plus long terme (capitalisation) ?
Les bonnes pratiques avant d'investir
L'apparente simplicité d'accès aux ETF ne doit pas vous leurrer. Pour un seul marché, la diversité des indices peut être importante. Certains ETF sont des produits complexes. Leur dénomination, parfois peu claire, peut conduire à de mauvais choix.
- Avant d'investir, il est important de comprendre ce que vous achetez en vous renseignant au maximum sur l'indice de référence de l'ETF.
- L'investissement dans les ETF doit correspondre à vos objectifs d'épargne, au niveau de risque que vous êtes prêt à prendre et à votre horizon de placement.
- Pour vous informer, lisez attentivement le document d'informations clés (DIC) de l'ETF et son prospectus. Vous y trouverez notamment des précisions sur les objectifs et la politique de gestion du fonds, sur le profil de risque et de rendement, sur les frais, etc.
- Soyez bien conscient des risques liés à ce type d'investissement : baisse de l'indice, écart de suivi de l'indice, manque de liquidité sur des ETF spécifiques, etc.
- Vérifiez que l'ETF dispose bien de l'agrément AMF ou d'une autre autorité nationale compétente au sein de l'Union européenne, tout comme la société de gestion qui le propose.
Sur le même thème
Responsable de la publication : Le Directeur de la Direction de la communication de l'AMF. Contact : Direction de la communication, Autorité des marchés financiers - 17, place de la Bourse - 75082 Paris Cedex 02